Respiration en Ashtanga Yoga : ce que dit vraiment la tradition
La respiration en Ashtanga Yoga est souvent appelée Ujjayi dans les livres et sur internet. C’est une simplification commode mais inexacte. Sharath Jois, a précisé que la respiration utilisée pendant la pratique des asanas n’est pas l’Ujjayi au sens technique du terme. Comprendre cette distinction change la façon de pratiquer.
Pourquoi ce n’est pas de l’Ujjayi
L’Ujjayi est une technique de Pranayama, la quatrième branche des huit membres de l’Ashtanga décrits par Patanjali. Elle implique une constriction glottique précise, un contrôle du souffle délibéré et une intention énergétique spécifique. Elle se pratique dans un contexte de Pranayama formel, assis, avec ou sans rétention du souffle.
La respiration utilisée pendant la pratique des asanas est différente dans sa nature. Sharath l’a décrite comme une respiration nasale libre, naturellement sonore, sans constriction forcée. Le son apparaît spontanément du fait du passage de l’air dans les narines et la gorge pendant l’effort physique. Ce n’est pas une technique imposée au souffle. C’est le souffle qui se libère naturellement dans le mouvement.
Ce qu’est vraiment la respiration en Ashtanga
La respiration juste en Ashtanga Yoga est nasale, profonde et sonore. Les deux narines restent actives à l’inspiration et à l’expiration. Le son qui émerge est un effet naturel du souffle sur les tissus mous de la gorge pendant l’effort, pas le résultat d’une constriction volontaire du larynx.
Elle est lente et régulière. Elle guide le mouvement : l’inspiration accompagne les extensions et les ouvertures, l’expiration accompagne les flexions et les compressions. Ce synchronisme entre souffle et mouvement est au coeur de ce que l’on appelle le Vinyasa.
Elle est continue. Il n’y a pas de pause entre l’inspiration et l’expiration, pas de rétention. Le souffle coule librement tout au long de la pratique.
Les effets physiologiques de cette respiration
Même sans constriction forcée, une respiration nasale profonde et lente produit des effets mesurables sur le système nerveux. Elle active le parasympathique via le nerf vague. Elle maintient une fréquence respiratoire proche de la cohérence cardiaque. Elle chauffe le corps de l’intérieur par la profondeur de l’effort respiratoire et la circulation du souffle dans tout le tronc.
Le son de la respiration joue aussi un rôle attentionnel réel : il ancre le mental dans le moment présent, exactement comme décrit dans la tradition. Ce n’est pas l’Ujjayi Pranayama qui produit cet effet, c’est la qualité de présence que développe une respiration consciente et soutenue pendant toute la durée de la pratique.
La distinction importante pour votre pratique
Ne cherchez pas à forcer un son en contractant la gorge. Laissez le son émerger naturellement du souffle profond. Si la gorge se contracte de façon inconfortable, c’est le signe que vous surimposez une technique là où il faut simplement respirer pleinement et librement par le nez.
L’Ujjayi Pranayama a sa place dans la pratique du Pranayama formel, assis, hors de la séquence des postures. C’est une technique puissante et précieuse. Mais pendant la pratique des asanas, le souffle est libre, naturellement sonore, et guide le mouvement sans effort de contrôle supplémentaire.
FAQ
Pourquoi tant de professeurs parlent-ils d’Ujjayi pendant les cours d’Ashtanga ?
C’est un raccourci pédagogique qui s’est répandu dans le monde du yoga occidental. Dire “respirez en Ujjayi” donne une indication concrète aux débutants pour trouver le son et la profondeur du souffle. La précision de Sharath Jois est importante pour les pratiquants qui veulent comprendre la tradition dans sa forme exacte, mais elle ne remet pas en cause l’utilité pédagogique d’un guidage sonore au départ.
L’Ujjayi Pranayama s’apprend-il dans les cours de Pranayama ?
Oui, c’est précisément là qu’il a sa place. Dans les cycles de Pranayama proposés par Cyril Lagel, l’Ujjayi est enseigné comme une technique formelle, assis, avec la précision qu’elle mérite en tant que pratique à part entière.
Comment savoir si ma respiration est juste pendant la pratique ?
Elle doit être nasale, sonore sans effort de gorge, profonde et régulière. Si vous perdez le fil du son pendant une posture difficile, c’est un signal que soit la posture demande trop d’effort, soit la respiration n’est pas encore bien intégrée. Dans les deux cas, le professeur en cours Mysore Style peut vous guider précisément.
Apprendre la respiration juste en cours Mysore Style à Paris ou en cours de Pranayama
